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Chapitre 157

SOIRÉE CITOYENNE
- au Miss Villeray -



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Elections Canada

Les élections canadiennes auront je crois toujours pour moi un je ne sais quoi de nostalgique.

Nostalgie de mon arrivée, en juin 2004, en pleine campagne fédérale. Je découvrais les yeux grands ouverts mes premiers débats des chefs, et j'étais conscient que j'avais mis un premier pied dans l'aréène politique d'Amérique, un peu éberlué par le manque total de repères que j'avais concernant les différents partis en lice. Leurs noms mêmes ne pouvaient que me fourvoyer si je tentais un rapprochement avec la politique de mon enfance, en France.

Nostalgie justement de ce pays que j'ai quitté, et qui se donne toujours des allures de géant diplomatique, de berceau d'un nouvel âge de la politique moderne, des droits et libertés, de l'avant-gardisme et de l'éclectisme idéologique, de terreau de toutes les luttes sociales, et j'en passe. Nostalgie donc de ma jeunesse, quand voter était peut-être encore un élan du coeur. (pardonnez ma jeunesse)

Nostalgie avant tout de cette époque où j'étais citoyen, quand le droit de vote me paraissait acquis, voire désuet. C'est en ces soirs ici, au milieu des travailleurs du coin, des "Joe the plumber" d'ici, et des habitués du bar (ce sont les mêmes), que je mesure le pincement que me fait de ne pas encore pouvoir aller aux urnes aujourd'hui.
Quelques mois à attendre, encore, et ce fragile débalancement, plein de valeur à mes yeux, ne sera plus. Je perdrais sûrement ma mesure dans mes commentaires politiques, dans mon jugement des mes concitoyens, des prolétaires du quartier comme des reprérentants politiques, juste parce que la loi me donnera cette égalité de droit, et parce qu'un vote est un vote; mais ceux qui disent qu'il ne vaut donc rien n'ont ils pas idée de ce que "rien" signifie?

En attendant, discrètement assi un verre à la main près du comptoir, j'observe du coin de l'oeil, je me risque à quelques discussions avec les gens qui m'entournent. Leurs réactions face aux chiffres qui déferlent sur l'écran géant me remplissent de respect et me touchent.

Et Justin, Viviane, Costa ou Mustaque, qu'en penseraient-ils au fond?

 

 

 

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