|
Alors que
je voyage au jour le jour par substitution, je me replonge dans l'univers
de mes voyages passés, et retente une analyse, une introspection
parfois délicate à travers notes et photos prises il y
a plus d'un an déjà. Me reviennent en sur-impressions
les écrits et aventures de Ryszard Kapuscinski, ce journaliste
polonais qui a couvert l'Afrique, et bien plus encore, depuis les années
1960-1970.
Lui-même met en abîme ses mémoires et voyages avec
les immortelles "Histoires" d'Hérodote, son livre de
chevet qui l'a suivi à travers les continents, à travers
les temps.
Chacun sûrement en y prenant le temps trouvera l'écho à
l'un de ses voyages, présent, passé ou futur. Parce qu'on
a tous et toutes, un peu d'Hérodote en nous. Des restes d'âme
d'enfants, au moins.
Extraits:
Hérodote voyage dans le but de répondre à l'enfant
qui se demande d'où viennent les navires sur l'horizon. D'où
surgissent-ils? D'où voguent-ils? Ainsi ce qu'il voit de ses
propres yeux n'est pas la frontière du monde? Il existe encore
d'autres univers? Lesquels? Quand il sera grand, il voudra les connaître.
Mais il vaut mieux rester un peu enfant. Car les enfants sont les seuls
à poser les bonnes questions et à vraiment vouloir apprendre.
Et, avec l'ardeur et l'enthousiasme de l'enfant, Hérodote se
lance à la découverte de ces mondes. Il voit alors - et
c'est là sa plus grande révélation - qu'ils sont
nombreux, différents les uns des autres, et surtout qu'ils sont
importants.
Chacun mérite d'être connu, car ces mondes, ces cultures
sont des miroirs dans lesquels nous regardons , dans lesquels notre
culture se reflète. Grâce à eux, nous nous comprenons
mieux nous-mêmes, parce que notre identité passe par une
confrontation à autrui.
C'est pourquoi, fort de sa découverte selon laquelle la culture
d'autrui est un miroir permettant de se contempler afin de mieux se
comprendre, chaque matin, inlassablement, toujours et encore, Hérodote
reprend son bâton de pèlerin.
|