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La nuit
d'hier est à l'image de cette semaine. Déterminante, remplie
de
choix, de doutes, d'orientations. On se croirait sur une ligne de partage
des eaux.
Une telle conjonction de décisions laisse ouverte une étroite
fenêtre sur
nos propre processus de décision, de réaction, de réflection.
Il faut je
crois saisir cette chance pour y plonger quelques instants...
Hier, dans
le ciel glacé de février, la Lune faisait sa timide dans
l'ombre de la Terre. Et dans ce ciel cristalin, par -20°C à
5000ft, Et
j'étais avec mon chef pilote, à me geler les ... orteils,
sur la voie
Victor 98 entre OMBRE et BLAKK, en vue d'un exercice d'approche à
IFR à
Drummondville. Sur mon carnet de vol, le seuil des 300h venait d'être
franchi. Les 20h d'IFR aussi, qui donnent droit au passage de l'examen
théorique. Derrière moi, il y a des Cessna 152, 172, Robins
DR400.
Quelques heures de Bonanza. Derrière moi, Il y a du VFR, beaucoup;
et la
moitié de la formation aux instruments.
Devant moi, ce sont des doutes. Un twin-Aztec qui m'ouvre les portes
du
bi-moteur; pour quoi? La fin de la formation aux instruments, avec le
stress anticipé des examens afférents, des coûts.
Donc des doutes,
toujours, sur l'utilité finale de tout ça. Se tenir loin
d'une carrière de
pilote est le meilleur moyen pour ne pas trop être tenter de s'y
laisser
dériver. Aujourd'hui plus de la moitié du chemin est fait.
Les décisions
pèsent de tout leur poids.
Dans une
salle de réunion au 9ème étage du 400 Côte
Vertu Est, des choix sont en train d'être pris. Aucun rapport,
mais 3 étages au dessus de ma tête, ces Messieurs Bombardier
décident à l'instant même, de l'avenir du CSeries.
De mon travail en somme; et celui de tous mes collègues. Étant
venu ici précisément pour ce projet, je n'envisage simplement
pas qu'autre chose qu'un "GO" puisse sortir de cette salle.
Faurda-t-il que j'aille leur dire de refaire un tour à l'intérieur
et de réfléchir à 2 fois avant
prendre une mauvaise décision?

Plus tôt
lundi, ce sont d'autres barrières qui se sont envolées,
ouvrant
le champ à de formidables perspectives de vie. De peurs aussi;
d'hésitations, toujours. La magie quand on grimpe des montagnes,
est que
chaque sommet atteint dévoile plusieurs chaînes de monts,
qui soudainement prennent assise dans le réel. Le champ de vision
et de conscience s'élargit. L'univers des possibles s'étend.
Les décisions apparaissent.
Toutes
ces circonstances donnent bien quelques armes pour soutenir les
choix et les doutes de celle que les orientations d'études concernent;
dont les choix mêmes sont dépendant d'un long et difficile
processus de
sélection. Mais quand on compare tous ces éléments,
toutes les voies
possible, on en vient doucement à toutes les considérer
viables.
L'exercice devient alors d'accepter de s'adapter même aux plus
contraignants. Et si l'on peut le faire à deux, on oublie vite
de quoi on
voulait vraiment parler ici, et pourquoi il fallait tellement le dire!
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