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Chapitre 136

DES FLOCONS,
DE L'HERBE ET DU SABLE



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Le messager ailé


Une lettre, un message; quelques mots.
Qui gouvernent des destinées, qui font vibrer les coeurs. Des joies, des pleurs. Des silences et des rêves, des doutes. Des vies, des deuils. Vecteur des émotions, levier de l'affect.

...

Ca y est. Je suis parti. Presque.
Il est déjà trop tard on dirait. Ca vient trop vite. Pas le temps de construire son départ. L'envol est imminent. Le temps défile déjà à la vitesse du son. Les heures de travail s'enchaînent à un rythme insolent, absurde. Que d'erreurs. Peur de partir. D'être déjà parti et en retard à la fois, terrriblement en retard.

Mardi je m'envole et j'ai juste envie de rester quelques heures, quelques jours. Infinis. Déchirés.

Pourtant 2 continents m'appellent. Cette chère vieille Europe, et ses raisons. L'Afrique cette inconnue, et ses promesses de rêves tant de fois ressassées. L'Herbe du val de Seine, le sable du Rio de Oro.
Et les flocons de Lanaudière qui nous livrent un dernier adieu.

J'ai infiniment de chance.

Je n'ai jamais eu autant envie de partir.
Je n'ai jamais eu autant envie de rester.

Vivre intensément. Et heureux. Définitivement.

 

 

 

 

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