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Chapitre 131

UNE QUESTION DE TEMPS



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Je me suis beaucoup repproché de ne pas avoir assez écrit depuis quelques temps. Blog, journal, rien, quasiment pas une ligne. Lu, oui. Écrit, non. Pourquoi donc?
Après analyse, je pense que j'avais (et j'ai toujours) le désir se s'écreire et d'être écrit, mais pas exactement le même besoin impérieux de le faire.

Le désir de s'écrire, c'est comme à l'escalade. On ressent la nécessité presque vicéral de régulièrement se donner un point d'ancrage, un élément d'assurage supplémentaire, une existence tangible dans le monde qui tourne autour. Une dégaine de passée, un coinceur de placé. Des petits riens qui donnent tellement plus de courage. Peur du vertige, de l'altitude, qu'on sente ses forces baisser ou pas. Se faire exister contre la paroi, comme se savoir exister hors de son propre petit bonheur local.

Mais voilà, «pas le temps». Ouais... Pas convaincant : du temps pour aller grimper une 5.10a, du temps pour pratiquer une approche NDB ou des circuits d'attente interminables dans des cieux virtuels, pour un ciné, un resto, de la cuisine, des sorties en amoureux... mais plus le temps de peupler le web et ses lecteurs de mes inutiles bavardages? Ca m'étonnerait.

Pas l'humeur peut-être? Ce serait plus juste, mais pas uniquement.

C'est peut-être la conjonction du temps et de l'humeur qu'il me manque? Ou alors c'est autre chose...

Je crois que j'ai trouvé dans une lecture récente («L'usage du Monde», de Nicolas Bouvier) la synthèse la plus juste pour exprimer tout ceci :

 

« Si je ne suis pas parvenu à y écrire grand chose,
c'est qu'être heureux me prenait tout mon temps »

 

Avouez que l'argument mérite qu'on s'y attarde, non?
Bon, rassurez-vous, je n'attendrai sûrement pas d'être triste pour livrer mes humeurs et mes mots ici ou ailleurs!
Mais au moins, cette auto-thérapie par l'écriture aura aujourd'hui porté ses fruits, et renvoyé ma frustration au cimetière des idées noires.
En ce jour d'Halloween, c'est plutôt paradoxal, hein?!

 

 

 

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