Chapitre précédent
Chapitre 127



Chapitre suivant

 

THE BUZZ

 

Télécharger en taille réelle :

Sudden strike
2006-08-01 21-02-53


Soirée d'orage hier. "Canicule" oblige, me direz-vous.
Le ciel grondait et explosait en gerbes de lumières, avant qu'une pluie diluvienne s'abatte jusque dans notre cuisine. Lendemain matin, encore 300.000 foyers privés d'électricité. A la banque. Au boulot.

C'est idot mais pour un instant, j'ai repensé à Tyr, Cana, Beyrouth, qui attendent que le ciel leur apporte la "stabilisation", la "paix durable" que tout le monde attend - mais pas de la même manière, et pas du tout pour les mêmes raisons.

La lecture quotidienne de la presse ces temps-ci me renvoie avec tellement de dégoût les mêmes mots-concepts-détournés qu'ils dissolvent à eux même l'information en tant que telle.

Aujourd'hui, qui n'est pas pour la "paix"?
Surtout une paix "durable"! Quel magnifique qualificatif...
Sauf qu'il y a une notion de temps qui s'y rattache :

- Imposer la paix quand les belligérants entament l'escalade de la violence, c'est un "cessez-le-feu" (mot qui a l'air d'écorcher les lèvres de certains)
- Attendre que le mieux armé gagne et qu'il n'en reste plus qu'un, c'est un "permis de tuer"

Et dans le cas présent, ça veut simplement dire laisser tout loisir à un pays d'envahir et ravager son voisin. Attendre que le massacre soit total, la destruction bien achevée et les populations éjectées pour envoyer les Nations Unies constater les faits et enterriner la nouvelle géographie du Proche-Orient.
Tout ça parce que la "paix durable", c'est quand le voisin a été éradiqué, et son pays tellement exsangue qu'il n'est même plus bon à occuper : laissons la job à la "force internationnale" de s'assurer qu'aucune vie ne repousse, qu'aucune conscience ne germe dans ces ruines.

Une paix durable, dans un tel contexte, qu'est-ce que c'est? un Reich de 1000 ans? Curieux retournment de l'Histoire...

Cette peur des mots qui fâchent verrolle tellement les discussions internationnales - en particulier quand Israël est impliqué - que cela en devient grotesque et frise le non-sens. Cela donne des discussion ubuesques aux Nations Unies, et des articles de journaux chaque jour un peu plus vide de sens.

Tristes perspectives en tous cas pour les Palestiniens. De nos jours, avoir un pays et des frontières reconnues internationnalement ne pèse pas lourd dans la balance. Peut-être que le status de réfugié est finalement mieux protégé que celui de citoyen?

En tous cas. Les notions ont bien changé à travers les siècles.
Imaginez quand on enseignera aux enfants que leurs arrières grands parents étaient peut-être des "Terroristes" dans la Résistance. Les petits-fils de collabos leur interdiront-ils de prendre l'avion?

Une chose est sûre, le vocabulaire doit suivre l'actualité, et oublier un peu l'Histoire :

Gaule, -100 : "conquête"
Mexique, 1519 : "évangélisation"
Algérie, 1830 : "colonisation"
France, 1939 : "occupation"
Pologne
1945 : "annexion"
Irak 1991 : "Libération"
Tchétchénie 1999 : "stabilisation"
Irak 2003 : "démocratisation"
Liban 2006 : "paix durable"

De quoi y perdre son latin. Les choses étaient tout de même plus claires dans l'antiquité. Pas si fous, ces Romains : au moins, ils savaient pourquoi ils se battaient!

 

 

 

 

Chapitre précédent

Table des matières
Chapitre suivant