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Chapitre
113
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PREMIERE GORGÉE D'ÉTÉ
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Hymne
à la vie |
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Une journée d'exception. Un pur moment d'oubli de soi. Trêve dans l'hiver, irréelle. Montréal en pleine ébullition, en pleine sublimation pourrait-on renchérir. On pourrait croire à une année bisextile, offrant un jour "gratuit" que les Forces de ce monde n'auraient pas su où placer : «Oh t'ostine pas, pitche donc la où tu veux, pis reviens t'en t'assir sur ton crisse de cumulus, le show va commencer...» (eh oui, Dieu a de l'humour en plus d'être candienne) Et
c'est ainsi que sur l'ellipse de l'année, cette journée
fut jetée. En bas à gauche, là où le blanc
de Février commence doucement à se pigmenter des couleurs
de Mars. Oh, on est encore loin du vert tendre d'Avril, qui entamme
la remontée vers l'été. En fait, j'avoue ne pas
savoir d'où ces images me viennent. Mais c'est un vrai repère
visuel, avec des lieux, des couleurs et des sensations qui se forme
dans mon imaginaire dès lors qu'on parle période de l'année.
Chaque région temporelle a son propre emplacement sur la grande
Ellipse un peu cabossée, sensiblement déformée
par les effets de la vie: printemps à gauche, automne à
droite, hiver en bas, été en haut... et moi au centre.
(tant qu'à faire!) Toujours
est-il que, pitchée dans la grande roulette de l'année,
cette journée de Juin s'arrête finalement sur le 11 rouge
; Mars remporte la mise, à 365 contre 1. «L'hiver
s'en va, c'est dur à croire Des
marées humaines sur les trottoirs, et autant de sourires que
d'âmes en permission. Sur mon Bi-Twin jaune (d'importation), j'avale la ville et carbure aux sourires. Un tour à l'escalade pour inaugurer une cheville bionique en phase de tests d'intégration HW/SW, et ajouter la fatigue/douleur physique qui se marient si bien à ce doux bonheur du jour. Quel bonheur en effet que de voir son peuple heureux. Et dans cette lumière, s'y sentir vraiment "vivant", densément, outrancièrement. |
