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PREMIERE GORGÉE D'ÉTÉ

 

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Hymne à la vie
2005-03-26 17-55-01


Une journée d'exception. Un pur moment d'oubli de soi.

Trêve dans l'hiver, irréelle. Montréal en pleine ébullition, en pleine sublimation pourrait-on renchérir. On pourrait croire à une année bisextile, offrant un jour "gratuit" que les Forces de ce monde n'auraient pas su où placer : «Oh t'ostine pas, pitche donc la où tu veux, pis reviens t'en t'assir sur ton crisse de cumulus, le show va commencer...» (eh oui, Dieu a de l'humour en plus d'être candienne)

Et c'est ainsi que sur l'ellipse de l'année, cette journée fut jetée. En bas à gauche, là où le blanc de Février commence doucement à se pigmenter des couleurs de Mars. Oh, on est encore loin du vert tendre d'Avril, qui entamme la remontée vers l'été. En fait, j'avoue ne pas savoir d'où ces images me viennent. Mais c'est un vrai repère visuel, avec des lieux, des couleurs et des sensations qui se forme dans mon imaginaire dès lors qu'on parle période de l'année. Chaque région temporelle a son propre emplacement sur la grande Ellipse un peu cabossée, sensiblement déformée par les effets de la vie: printemps à gauche, automne à droite, hiver en bas, été en haut... et moi au centre. (tant qu'à faire!)
L'hiver s'inscrit dans la branche longue et presque droite, en bas, tandis que l'été flotte dans les airs comme un avion en haut de sa boucle, avant de chuter dans l'automne aux détours de septembre, quand l'horizon renversé revient dans le champ de vision du voltigeur.
L'habitude a fait qu'il me paraît aujourd'hui parfaitement évident que cette représentation visuelle et sensitive est la norme, une convention universelle autant ancrée en nous que l'orbite de la Terre l'est dans le plan de l'écliptique.

Toujours est-il que, pitchée dans la grande roulette de l'année, cette journée de Juin s'arrête finalement sur le 11 rouge ; Mars remporte la mise, à 365 contre 1.

Plein soleil, 10°C à l'ombre, à peine un légère brise; peut-être 18°C au soleil... et assurément 37.5°C dans tous les coeurs.
Un avant goût du printemps, qui me rappelle inévitablement ces paroles de Richard Desjardins, qui me laisseront toujours de même, je l'espère, un doux frisson au coeur :

«L'hiver s'en va, c'est dur à croire
mais on a passé à travers ;
La terre dégèle, les filles sont belles»

Des marées humaines sur les trottoirs, et autant de sourires que d'âmes en permission.
Sûr que pour gagner un référendum, c'aurait été le jour! Peu importe la question, les gens auraient coché oui. Oui pour le soleil, oui pour cette cure de jouvance, oui pour que le jour ne s'arrête jamais. Oui aux voisins, oui aux passants, oui aux bums tous sourires, oui aux filles radieuses dont le chum n'a pas souvent passé l'hiver (mais le sait-il semlement?), oui à Chris, Jim et Amir pour finir le 615 d'ici 10 jours... On frise l'insolation.

Sur mon Bi-Twin jaune (d'importation), j'avale la ville et carbure aux sourires. Un tour à l'escalade pour inaugurer une cheville bionique en phase de tests d'intégration HW/SW, et ajouter la fatigue/douleur physique qui se marient si bien à ce doux bonheur du jour. Quel bonheur en effet que de voir son peuple heureux. Et dans cette lumière, s'y sentir vraiment "vivant", densément, outrancièrement.

 

 

 

 

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