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GRANULARITÉ
ET CONTRE-JOUR

 

 

 

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Granularité
2005-09-18 14-04-14


Un mois et demi à user son énergie. Dissiper doucement une certaine réluctance au pays. Maintenir une pente - ou du moins son idée - face à laquelle motiver le présent.

Mais au fil des semaines et par une lente confusion des saveurs, c'est contre autre chose que l'on se découvre exister : contre un passé, pas si lointain, que l'on tâte enfin son existence en pointillés. Un manque oublié qui soudain se cristalise en un vieux mur de briques, une ruelle ombragée, des bouclettes souriantes, une métropole accueuillante où l'on a finalement construit un peu plus qu'un nid pour l'été.

Electrochoc de l'Ontario, dont les loisirs un peu plattes donnent du relief à ses propres mémoires. Curieuse impression que de se sentir vivre au delà de la réalité locale. Une après-midi de CASCAR que les plus passionnés vont vivre à 100%, je me surprend à la vivre 17% "autrement" Au-delà peut-être.

Au delà des aspérités de la course, vers une autre granularité. La même qui me fait écrire ces mots ce soir.

 

 

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Réalité du travail
2005-09-20 16-55-23

Mais le vrai moteur de cette parenthèse Ontarienne, c'est évidemment les responsabilités nouvelles qui m'ont été confiées, et le réel défi que cela m'a imposé. Défi d'orgueil, bien sûr. Défis aussi techniques, diplomatiques, et sociaux.

Une équipe volontaire et dynamique avec qui j'ai toujours plaisir à travailler aujourd'hui encore - et qui me l'a si chaleureusement rendu. Très honnêtement, le côté "organisation sociale" est celui auquel j'étais le plus rôdé, les multiples «plans à la BEgos» des quelques 10 ans passé m'ayant fait la main sur le dos de nombreux d'entre vous.

L'arbitrage des luttes d'influence entre les boss des différentes sociétés impliquées dans le projet était par contre terriblement usant. Vicéralement opposé aux tentatives de chacun de se dédouaner de toute responsabilité liée au projet, au risque (assumé?) de le faire s'écrouler, j'ai au fil des semaines dû apprendre à composer avec ces acteurs qui peuplent la sinistre cour des "grands", à jamais démystifiée.
Comme un défenseur italien qui lève les mains innocemment après un méchant tacle dans la surface, certains sont passés maîtres dans l'esquive des responsabilités et des décisions, et les heures passent de meetings en conf-calls sans que personne ne joue le ballon. Sauf qu'il n'y a pas d'arbitre dans ce jeu de dupes. Si ce n'est Transport Canada qui remettra les cartons en fin de partie. En ces temps d'Halloween, on se prépare une méchante chasse aux "sorcières"...

 

 

 

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Trop de trop tue le trop
2005-09-27 19-08-11

Quand on est à maison, on peste contre ses collocs qui laissent le rouleau de PQ achevé sur son dévidoire.
Mais après un mois d'hôtel, on ne supporte plus non plus la "petite attention bienveillante" de la femme de chambre qui plie systématiquement en pointe la première feuille du rouleau, à chaque matin, immanquablement.

Monde de merde.

Et ces restaurants parmi lesquels on finit par ne plus savoir choisir. Elements? 38 degrees? Hobart's? Lantern? Karma's? St Veronus?
Et si j'ai envie de gratter le fond de MA marmitte en fonte pour en décoller les bouts de canard calcinés? Jouer avec les épices, découvrir un pot de graisse d'oie au fond du frigo, remettre des grains de poivre dans mon moulin, inventer des recettes ratées, et demander dans l'entrebaillement de la porte (et du chat) «tu veux du crumble?»

Une existence à contre-jour qui prend forme dans le contraste du voyage, de l'éloignement, de la routine. Une fausse routine qui s'ancre dans un monde presque parallèle, divergent. Car en même temps, on continue de vivre en soi des instants de sa vie "normale". Souvenirs, envies.

«Nous transpirons d'une existence en archipel»

 

 

merveilleuse citation tirée de "4430 miles au compteur",
Gabriel Jones, Gonzague Verdenal

 

 

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