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OF MILES AND MEN

 

 

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401
2005-07-10 15-57-37


Et puis il est temps de se dire au revoir. Quitter l'Ontario presque à regrets. Mais le retour sur Montréal s'impose ; c'est qu'il y a encore un bon bout de brousse à faire...

C'est donc reparti sur la 401 et ses quelques 16 voies de circulation. Le plus compliqué étant d'anticiper correctement l'instant où passer de la voie centrale «Express» aux voies du «circulator» qui elles seules donnent accès aux sorties.
Le principe est bon ; la pratique parfois hésitante.

Port Hope, Trenton, Kingston. Des noms maintenant familiers, surtout après le vol aux Chutes. Mais on ressent tellement plus la distance en voiture. Chaque ville pèse plus lourd en mémoire, incrustée par la fatigue qui gagne.

 

 

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Généreuse hospitalité
2005-07-10 13-36-51

A mi-chemin, pause aux 1000 îles.
Un peu de voile m'aurait bien tenté, mais il est déjà 18h00. Une sieste? Je risque de ne pas me réveiller.
Alors une simple flânerie fera l'affaire, les pieds nus dans l'herbe au bord du St Laurent dans la douce lumière du soir. A côté, un drapeau canadien flotte, me rappellant que le Québec est encore loin.

Une envie d'écrire, en fait. Le laptop n'est pas loin, et ce n'est pas un hasard. Une heure passe au gré des mots. Peut-être que je vous joindrai ce texte, ou quelques extraits tout du moins. Revenez-voir d'ici quelques jours, ou bien plus tard sans doutes...

 

 

 

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Pour la qualité d'une lumière
2005-07-10 13-36-51

Et le soleil finit sa course, qui sait, peut-être dans le Lac Ontario? En tous cas il est derrière moi, mais pour profiter des dernières lueurs, je longe le fleuve, par la route panoramique. Espoir d'une photo? Même pas. Je la fais dans ma tête, et ça me suffit. Des images étranges de pêcheurs et de barques parmi les joncs. On se croirait en Louisiane. Ah, ça c'est un beau road-trip. Montréal - Nouvelle Orléans. Ca a le goût de paille des clichés brunis par le soleil et le blues des soirs chauds et humides. Il faut définitivement que j'y fasse un tour.

Mais la nuit gagne et l'autoroute reprend ses droits.
130km/h. Comme tout Français sur le périph' un dimanche soir entre la porte de la Muette et 23h30.
De toutes façons, les Québécois roulent à 128km/h sur la 401 Ontariennne, jouissant pour quelques heures encore d'une asphalte vierge de galinacés.

Et puis dans le poste sur Radio-Canada, l'émission «Chemins de travers» (pas de confusion, il n'y a pas de faute d'orthographe dans la ligne ci-dessus).
Animée par un ex-routier, docteur en psycho. Il a fait sa thèse sur le la psychologie des forçats de la route en Amérique du Nord. De sa voix grave et lente, il emplit l'espace.
Il aura ce sujet qui restera gravé. Sur "Une épinette noire nommée Diésel", un vieux road-movie radiophonique transcanadien diffusé il y a quelques années. Un instant que je n'oublierai pas. Une référence qui vous reviendra d'ici quelques années, et qui pour beaucoup sera sortie de nulle part. Mais vous qui m'aurez lu m'imaginerez sur la route le long du St Laurent au crépuscule, notant fébrilement cette pente naissante sur mon calepin noir, quelques mots graphignés au gré des chaos de la chaussée. Une idée encore chagrine qui devra faire son chemin.

Puis le sujet change, et revient à des considérations plus autoroutières. «Mais où commence à 138 Nord?». vaste débat. «A quelle vitesse peut voler votre ange-gardien, sans s'essoufler?»
Et puis un conseil résonne, et je m'essaie à l'appliquer, pour le jeu :
«Réduis-ta vitesse à 105km/h. (pour info, la limite de vitesse sur autoroute au Canada est de 100km/h, mais la police flash officiellement à partir de 117km/h). Et profite de cette tension qui s'évanouit. De l'apaisement qui se fait en toi. Le temps n'a plus la même notion. La route n'est plus la même. Et tu souris. bercé par le moteur, tes pensées se font plus profondes et flottent comme des cirus. Tu ne penses plus à doubler, à la police, à ton HEA, à ta jauge d'essence ni à ta consommation. Tu roules et tu es bien dans ce silence qui t'appartient. Tu va pouvoir en faire du chemin. Et un jour tu te réveilleras à Natashquan, au bout de la 138.»
(discours librement adapté par moi, vous l'aurez compris; mais le sens y est)

Effectivement, on est bien. Soluble.
Et les lumières de Montréal brillent déjà au loin. On se surprend à ne pas vouloir les avoir vues. A penser poursuivre vers le Nord. A rester dans le ventre de la route.
Aucune idée de l'heure qu'il est.

Trop tôt, pour une fois.

 

 

 

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