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YOURS TO DISCOVER

 

 

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Road trippin'
2005-07-08 17-40-47


Prendre au mot une plaque de char, ça peut paraître idiot. Justifier ainsi son voyage, ça a au moins le mérite de faire sourire les gens. Pas plus d'explications à apporter, le ton est donné.

«Ontario, yours to discover».
J'ai eu de la chance, ça aurait pu être pire. Je serais tombé sur «Explore Canada's arctic» des Territoires du Nord-Ouest, j'en connais qui se seraient fait du soucis!

OK, déjà 14h00 à Peterborough. Le soleil donne. Le travail est achevé. La nuit d'hôtel est déjà réservée, et j'ai la Pontiac pour le weekend. Time to hit the road.

"kilométrage illimité". Ca ne vous a jamais démangé de voir cette annotation sur votre contrat, et ne jamais en profiter véritablement? Moi, si. Alors qu'est ce qu'on attend?

OK, carte (aéro, toujours) dépliée sur le capot. 1 minute pour trouver un but. Non, pas un but. Tout au plus une direction. Et un début de route pour s'en rapporcher.
Bruce Peninsula. Ca sonne bien. Ca ressemble au Cotentin (merci Arnaud ;). Et on dirait qu'à la place de la Manche, on aurait mis le lac Huron. Qu'à la place de l'Angleterre, on mettrait Manitoulin Island. Et puis qu'on partirait de Nancy, par les départementales.

Vous me suivez? On va bien voir de quoi elle a l'air ette province.

 

 

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Le soir, le soleil se couche. Et c'est beau.
2005-07-08 20-31-39

6 heures plus tard, le bras gauche un peu plus bazané, et les lèvres ankylosées par mes débuts à l'harmonica, la route #6 s'arrête. Terminus, tout le monde descend. Pour continuer, faut attendre le ferry. 18$. 50 avec la voiture. No way. C'est pas que quelqu'un m'attende, quelque part. Cela se saurait. Mais il faut parfois savoir borner ses folies.
Un brin de causette. J'aime bien ne pas être compris des fois. De plus en plus, je crois. Et repartir, comme un poor lonesome cowboy.

Un coucher de soleil, un «schpops!» qui a involontairement fini dans le lac. (un bémol cependant : c'est le premier que je réussis. Andi va être fier de moi!)

Entre temps, un paquet de kilomètres, sous un ciel magnifique remplis de CB et de TWC d'un blanc éclatant (au sommet paraît que c'est des cristaux de glace). Et tout comme moi, ils ne faisaient que passer.
Au sol, des champs encore assez bucoliques (on n'est pas encore en Saskatchewan!) du moins dans cette région. Des gazons bien verts et tondus raz qui entourent de belles propriétés encores neuves que l'on ne doit déballer que la fin de semaine. Les jardiniers anglais ne seront en tous cas pas au chômage de sitôt dans le coin!
Sur le trajet, quelques plages et stations balnéaires préfabriquées et congestionnées. Des golfs décharnés où quelques red-necks viennent mettre une touche finale à leur coup de soleil en compagnie de charmantes outardes (non je ne parle pas de leur femme) qui déambulent sur le "vert".
Quoi d'autre? Un petit bonjour à l'aéroclub du coin, totalement inutile donc complètement indispensable. (faudra que j'y revienne un jour...)
Et puis un nombre incalculable de panneaux : «Adopt a highway». Pô compris. J'étais pourtant toujours sur les petites routes. En tous cas un bon point indiscutable : l'état des routes fait honte au Québec en comparaison. (ok, ya pas grand mérite, même au Burundi je pense qu'elles sont mieux entretenues. Et vlan, mon petit panphlet de Québécois en devenir...)
Non, vraiment, de bonnes routes sans trop de nids de poule (à croire qu'il ne neige pas l'hiver!), malgré un passage de quelques kilomètre sur une route en garnotte qui aurait fait plaisir à nos amis Mc Rae ou Loeb (5, en gravier, sur bosse! Bah quoi, un petit peu des sensations off-road avec une bagnole de loc, ça ne se présente pas tous les jours...)
D'ailleurs je signale aux afficionados du rôdage en 10 minutes que les bagnoles Avis ou Hertz sont maintenant traquées par des mouchards (+ suivi satellite) qui enregistrent par exemple la vitesse et les tours max... Oubliez les circuits de vitesse qui jalonnent les routes : vous ne pourrez y massacrer que votre propre minoune. Ou changez de loueur!


Quoi d'autre encore? J'ai toujours beaucoup de mal à faires des bends à l'harmonica, même au trou n°3. Mais j'ai encore le trajet du retour pour m'entraîner en toutes quiétude.

Un retour qui sera d'ailleurs mouvementé, puisque mon idée de passer cette fois par Toronto aurait franchement nécessité autre chose qu'une carte aéro "Montréal-Détroit"...

 

 

 

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Pour la qualité d'une lumière
2005-07-08 20-18-56

Et oui, déjà le retour.

Pourquoi revenir? Parce que ma nuit d'hôtel est payée. Fausse raison, bien sûr. Hey, vous commencez à me connaitre on dirait? Allez, disons que de toutes façons j'avais des affaires à y récupérer...
Pourquoi être parti? Parce que j'avais la liberté de le faire. Les contingences du présent étaient particulièrement distantes, et la soif d'exercer un peu mon âme contre ce pays étaient attisées par le contexte de déplacement au nom de Pratt & Whitney. (z'avais qu'à me louer un Cessna si ils voulaient que je revienne aussitôt)

Et puis aussi peut-être pour une certaine lumière en devenir. Celle que l'on trouve éclairant le phare du bout du chemin. Qui est celle-là justemement parce que ce phare est au bout, parce que l'on est venu au bout, nous aussi. Un écho à «une certaine odeur de cire», qui me fera souvenir longtemps de cette photo, de ces lieux, de ce voyage insolite. Solitaire. Mais pas tant que ça.

 

 

 

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