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PETERBOROUGH,
( ONT )

 

note : ces textes ont été écrits sur place, à Peterborough

 

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O Canada
2005-07-06 20-06-00


Peterborough.

Idée d'un trou perdu. En Ontario. C'est dire. Flat Land. Rien, à perte de vue. Pas de mer ni d'air du Large, à 130km d'une métropole trop grande pour s'y sentir habité (pure spéculation puisque je n'y encore jamais mis les pieds).
Mais les idées on la tête bien plus dure qu'une vérité froide et matérielle. Et on vit tellement mieux avec.

Eh puis finalement, à la grâce d'une Orval d'importation, dans une petite taverne Belge (le St Véronus), je me sens bien. Oui , bien. Presque contre ma volonté de dénigrer les lieux.

Première gorgée de bière. Pour apprécier la ville, effacer ces routes bordées de fast-food (question à la Pivot : faut-il mettre un "s" à ce mot? où?) et ses trottoirs vides.
Première gorgée de bière. Delerm avait oublié des paramètres qui la rendent non seulement unique en saveur, mais aussi proprement inoubliable :
1ère gorgée d'Orval, au milieu de l'Ontario, après un an d'abstinence...
Plus que les parfums ou l'amertume, ce sont des souvenirs qui s'engouffrent dans la gorge et assaillent les sens. Par milliers.

 

 

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Elephant
2005-07-06 20-14-46

Peterborough.

Mercredi soir, c'est festival. Concert gratuit, et tous les jeunz de la ville sont de sortie. Tous les TRES jeunes.
Cheveux décolorés, skateboards aux pieds et chewing-gum à la bouche, la jeunesse dans ce qu'elle a de plus carricatural, oisive et en manque de valeur - ne parlons même pas du goût! L'Ontario, antichambre des USA. Un gaz Bar Blues qui ne veut pas se l'avouer. Un Gaz Bar Blues à petit feu qui vivote à l'ombre d'une inconsitance aussi futile que chronique.

La vie en cycle fermé, grillant ses heures tendres comme ses neurones sous un soleil de plomb. Oubliant qu'ils sont jeunes et refusant d'exister ailleurs que par leur look vaguement grunge, métal ou surf-rock. Un casting de rêve pour un Elephant II. Gus Van Zant serait comblé.

 

 

 

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Red neck
2005-07-06 20-20-46

Nouvelle soirée à Peterborough.
Douce, paisible. Trop, sûrement. Mais la satisfaction d'un travail quasiment achevé. Réalisé.
Et d'un coup le retour s'envisage, s'ancre dans la réalité de demain. Mais plus comme un départ, une petite trahison à cette contrée que je n'ai évidemment pas creusée à fond. Juste survolée ou presque. Malgré ses défauts, ses solitudes et ses travers, on apprend à vivre aux côtés de cette culture (avec un tout petit "c", mais qu'importe au fond).
Un harmonica en souvenir. Un souvenir en Mi.De ceux qui font revivre le Blues, un plutôt l'illusion du blues, sa fuite, ses déchirures, ses solitudes. A chaque souffle, même le plus hésitant. Harmonies simples, échos d'une vie à part. Loin. Loin de l'Europe, de la vie charnue et entêtante, ouverte sur un monde plus spirituel, aérien.
So what?


 

 

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