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PASSE MOÉ LA PUCK!

 

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La patinoire, lieu de vie
2005-01-16 15-54-07

Plongé au coeur de l'hiver québécois Comme un éthiopien à Val d'Isère, mon intérêt grandissant pour le hockey (sur glace évidemment) révèle nombre d'aspects culturels et sociaux qu'il serait dommage de passer sous silence.

D'abord attiré par le faible coût financier du patinage, le chômeur que j'étais s'est vite enquis d'une paire de patins d'occaz à 20 pièces (Sports Dépot ou la Poubelle du ski sont de bonnes adresses si vous voulez faire de même) afin d'entrer de plein pied dans la saison des glaces. Implorant l'aumône à la caisse du CEPSUM, mes premiers pas furent plutôt laborieux ; mon expérience passée se résumant peut-être à 10 séances de patin en 20 ans, les patinoires de Conflans, Cergy ou du Vésinet ont plus souvent vu mon cul que d'harmonieux virages.
Mais d'amis en efforts et en rencontres, les bases ont commencé à doucement rentrer, et je fis avec une joie non dissimulée mes premiers freinages non 'border-line', indifférent aux gamins du quartier qui orbitaient lancinement autour de la glace, et dont les favoris bouclés ne laissaient aucun doute sur la proximité du quartier juif. (l'attention extrême de leurs parents sur les gradins levait toute équivoque sur la question)
Et puis le vrai froid est arrivé. Et par une belle journée ensoleillée de décembre, où le thermomètre affichait un beau -26°C (Météomédia donnant -38°C avec le facteur vent), j'ai poussé la porte du Canadian Tire le plus proche pour acheter à bas prix mon 1er baton de hockey, comme tous les gamin québécois le font quand ils atteignent 5 ou 6 ans. Bah quoi, je n'ai qu'une vingtaine d'années de retard!?
Depuis quelques jours, les barricades en bois des patinoires fleurissaient un peu partout dans Montréal, chaque parc se devant d'avoir la sienne pour drainer ainsi la jeunesse du quartier.
Mais pour avoir une belle glace, c'est du travail. Il fallait donc patienter, jusqu'à cette froide journée où enfin la saison pouvait presque débuter. En fait il manquait une journée de travail pour que la glace soit vraiment utilisable, mais le soleil m'appelait plus fort que cette contrainte cristalline.
Après avoir tenté une fois de chausser les patins en plein air près de la glace, on retient la leçon : ya vraiment pas moyen. 15 secondes et les doigts sont gelés! Et vu comme c'est difficile de bien lacer des patins, on n'a pas d'autre choix que de chercher un coin chaud.
1ère solution : la voiture. Garée pas loin, on peut marcher ensuite dans la neige jusqu'à la glace.
2de solution, que j'apprendrai bien une semaine plus tard : la petite maison chauffée qui vient avec quasiment chaque patinoire, où l'on peut se changer bien à l'aise, et où chacun vient refaire un tour à chaque heure environs, pour se réchauffer un peu les pieds. (ça, je n'ai compris le trucs que 3 semaines plus tard, à force devoir les gens de mon équipe régulièrement déserter mon camp pendant que j'entammais ma 4ème heure de hockey, à bout de souffle et les pieds gourds)
Avisant un jeune sur la glace qui venait d'exploser son baton (pourtant en fibre de verre!) je prend ma toute premi`re leçon de hockey. Tenue du baton, conduite de rondelle, tirs : on passe tout en revue. Les heures défilent et malgré le froid qui glace les joues, l'humeur est excellente. Signe révélateur des grand froids : on se met à parler en ne bougeant que le bout des lèvres, les joues étant complètement engourdies. Heureusement le reste du corps tient le coup, l'agitation et les efforts pour rester debout aidant grandement!
Malgré la nuit qui tombe, je persévère, et malgré les partenaires qui changent, je continue vaillamment.
Et puis finalement, exténué, je rentre ravi de cette journée de découverte, rêvant déjà à remettre ça dès que possible.

 

 

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Goooaaallll!
2005-01-16 15-51-44

Depuis , les entrainements et les parties s'enchaînent. C'est qu'avant de jouer un minimum correctement, il en faut de la pratique! Chutes en tous genres à la clé, on finit vite par s'équiper de quelques protections : genoux, hanches.. la glace ne fait pas de cadeaux.

Mais malgré mon niveau déplorable, l'accueil des jeunes du quartier est toujours incroyablement chaleureux, ce qui compense bien les longues minutes à suer sans et eau sans réussir à toucher cet insaisissable rondelle.

Éclairées jusqu'à 10h le soir, les patinoires attirent toujours beaucoup de monde, chaque tranche d'âge trouvant plus ou moins son horaire. Si bien qu'en arrivant tôt, on peut s'entraîner un peu avec les plus jeunes, et plus la soirée avance plus le niveau monte! Au dessus de 14 ans, ils sont bien trop forts pour moi. Et à partir de 20 c'est même plus la peine de tenter d'en arrêter un. Mais dans tous les cas, on apprend, et surtout on s'amuse. C'est bien là l'essentiel!

 

 

 

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Le chandail de hockey
2005-01-16 15-54-07

La patinoire de Shawbridge, en face de la maison du MOC, (qu'on voit sur la 1ère photo du chapitre en arrière plan) témoigne bien de l'esprit québécois, synthétisé il y a plusieurs décénies déjà par Roch Carrier et son célèbre conte pour enfants intitulé :

"Le chandail de hockey"

«Les hivers de mon enfance étaient des saisons longues, longues. Nous vivions entre trois lieux : l'école, l'église et la patinoire ; mais la vraie vie était sur la patinoire.»

 

On m'a récemment conté cette histoire que tout le monde connait évidemment icitte. Je vous la retranscrit brièvement :
Un petit garçon, passionné comme de bien entendu par le hockey, portait fièrement sur la glace depuis des années le chandail du Canadien de Montréal. Et comme tous ses camardes, c'est le n°9 de Maurice Richard qu'il avait dans le dos.
Un jour, voyant son chandail se dépecer ou le jugeant trop petit, la mère de l'enfant décide de lui en offrir un nouveau. Elle commande donc chez Eaton l'indispensable accessoire. Mais c'était sans compter l'impardonnable erreur : le chandail que découvre le gamin était celui... des Maple Leafs, de Toronto!!!! Honte assurée sur la patinoire...

Bon, je ne vous raconte pas la suite, c'est à vous de la découvrir si le pitch vous a plu.

En tous cas, l'extrait cité plus haut est aujourd'hui inscrit sur les billets de 5$ aux côtés d'une belle esquisse, et est révélateur du lieu de vie et de rencontre que peut être la patinoire chez les Québécois, encore aujourd'hui.
Car bien que la saison de NHL ait été annulée, les jeunes n'ont jamais arrêté de rêver à se prendre pour Maurice Richard, Guy Lafleur ou Sidney Crosby. Et le chandail du "Canadiens" fleurit toujours sur les épaules des petits comme des grands.

 

 

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