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Chapitre
058
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paddling around 'em in a big canoë
2004-11-13 13-25-01 |
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Un "ice-breaking canoë
weekend", ça se prépare. Ca prend des conditions
climatiques TRES précises (à peine plus d'une semaine
par an permettent ce genre de conditions), et des gens bien motivés.
Ca prend aussi un canoë en aluminium, des pagaies bien résistantes,
des surgants mappa, des bottes en caoutchouc et de bonnes paires de
chaussettes. Sans oublier lunettes de soleil, pochette étanche
(pour l'appareil photo), hachette pour la veillée nocturne,
guide des étoiles pour ciel vraiment pur, un passeport suisse
valide, et quelques personnes bien expérimentées pour
nous livrer les secrets des glaces. |
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Sur
la piste des "Natives"
2004-11-13 13-25-02 |
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Malgré
la centaine de km de lacs et de cours d'eau paisibles, tous interconnectés
dans la région, c'est la glace qui impose sa loi, et les routes
praticables. Alors pour gagner l' "isola" qui nous servira
de campement pour le soir, un petit sentier de portage s'impose. Au
passage, coupe de bois, que l'on transporte par cannot spécial,
car l'île visée ne fait guère plus de 50m de diamètre!
Pas de quoi tenir la soirée en bois... |
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Où j'ai mis le pic à glace?
2004-11-13 13-25-03 |
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Pas
de glace, et l'expédition perd de son charme ; même si
les paysages et le soleil permettent de profiter de ces oasis propices
à un repos bien mérité. 0.5cm de glace, et l'on savoure avec délectation le tintement des millions de cristaux qui se brisent à notre passage. Même à l'arrêt, les ondes sur l'eau continuent à ébranler la structure de cette mince pellicule de glace dans un doux frémissement. 1cm, et le canoë est déjà fortement freiné. Même avec de l'élan, il va falloir forcer. Heureusement, l'énergie est donnée par le plaisir qui se dégage à chaque fois que la pagaie perce victorieusement la glace pour atteindre l'eau ; comme si on cassait le dessus d'une crême brûlée. 2cm, et de larges plaques de glace transparente dérivent et s'entrechoquent sur les flans du canoë. On pagaie dans les morceaux que l'on ne peut déjà quasiment plus briser, à moins de véritablement s'acharner pendant que les autres pagaient. . Le 1er canoë a fort à faire pour progresser. 3cm,
et les techniques avancées
de brisage de glace sont nécessaires.
On allège le canoë qui ouvre la voie, afin de le faire monter
au dessus de la couche de glace. Les autres canoës tentent de le
pousser pour le faire progresser. Petit à petit, le poids finit
par faire craquer la glace, et l'on peut recommencer. La mécanique
newtonienne étant ce qu'elle est, pousser un canoë fait
reculer le votre. Donc chaque embarcation arrière pagaie à
mort pour faire avancer celle de devant. Et recule d'autant au passage.
(c'est ce qui est illustré par la photo) Ca fatigue, évidemment,
mais ça donne un très bon esprit d'équipe et de
sacrifice au bénéfice du groupe! 4cm à 5cm, et le défi sportif est vraiment en place. Le simple poids ne suffit plus à briser la glace : on glisser sur une mince pellicule d'eau qui se forme entre la couche intacte de glace et le canoë.. Il faut alors faire osciller l'embarcation de plus en plus fort, au prix d'un exténuant challenge, jusqu'à entendre les craquements sous ses pieds. Mètre après mètre, on progresse ainsi à travers les passages fortement gelés. Au delà, on peut chausser les patins et oublier le canoë! |
